Jean Faucheur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Faucheur est né en 1956 à Versailles, il est considéré comme étant un artiste précurseur du street art en France depuis les années 80.
Après un parcours artistique assez classique (Arts Déco, Villa Médicis hors les murs). Jean Fau- cheur sera l’un des précurseurs des nouvelles interventions urbaines dans les années 80 : ceux que l’on appelait « les Médias Peintres ».

Réalisant des œuvres sur papier de grandes dimensions, il «squatte» en 1983 les panneaux publi- citaires de Paris avec plus d’une centaine d’interventions/performances spectaculaires.
Sur cette lancée et pendant deux ans, il va à New York, à Tokyo, co-fonde le collectif de peintres « Les Frères Ripoulin », expose à New York à la Galerie Tony Shafrazy (galerie de Keith Haring, Futura 2000 et Basquiat), organise des expositions sauvages dans le métro parisien, ainsi qu’au «Palace», co-fonde la galerie Jean Marc Patras et expose dans la toute nouvelle Galerie du Jour d’Agnès b.

Il quitte la rue en 1986 pour se consacrer jusqu’au début des années 2000 à son travail de sculp- teur, de peintre et de photographe.
C’est en 2002 qu’il renoue avec la scène graf ti après la rencontre de Thom Thom, «l’archéo-logue des af ches».

De cette relation naissent de multiples interventions urbaines collectives : cycle d’expositions «Implosion/Explosion» (œuvres sur papier de 3x8m indoor et outdoor, en 2002), «Une Nuit», inva- sion massive sur Paris et la France de panneaux 4 par 3 par des peintures de plus de 150 artistes en 2002, 2003, 2005, puis co-fondation de l’association le M.U.R. en 2007, dont l’objet est de pro- mouvoir l’art urbain en particulier en proposant à des artistes d’exposer de manière éphème sur un mur situé au 107 rue Oberkampf à Paris 11.

Artiste éclectique et polymorphe il participe à de nombreuses expériences collectives (perfor- mances vidéo/picturales : «Akylonumérik», et avec le collectif «D’Rush»).

Sous l’apparente multiplicité des pistes formelles suivis par Faucheur, une cohérence d’en-semble se lit toujours en ligrane : toiles, photos tressées, oeuvres de maîtres réappropriées,photographies du métro parisien bombées, sont autant de perspectives problématisant – avec une générosité créative indiscutable – l’ambiguité de l’image et l’ambivalence corrélative du «voir», Faucheur ne se contente jamais de simples exercices de style : il passe outre, inquiète nos représentations et pose que celles-ci ne se donnent jamais comme telles.

Le geste artistique de Faucheur est donc aussi le moment d’une analyse : dans un siècle ca- ractérisé par la saturation des milieux par l’image, par notre résignation devant elles et par la surexcitation de nos systèmes de représentations, il est une critique calme, vigilante et souventamusée du rapport à l’objet perçu et de notre paradoxale capacité à nous laisser entraîner àla fascination et/ou à la répulsion, nous rappelant que, dans cet ordre mouvant des représen- tations, ce qui tombe sous le sens n’est pas toujours évident.